REVUE DE PRESSE PETIT ÉLOGE DE LA NUIT

« Ingrid Astier rend hommage aux puissances de la nuit

La romancière Ingrid Astier, modèle assez peu commun d'ancienne élève de Normale sup devenue auteur à succès de polars publiés à la Série Noire, propose une fine et belle promenade dans cet outre-monde qu'est la nuit. Comme la nuit, ce petit livre est composé d'errances. Sous la forme d'un abécédaire très personnel - et forcément injuste, subjectif, partiel - elle nous entraîne vers la plus fascinante partie de nous-mêmes, là où l'ombre et le sommeil se mêlent et s'enlacent.

"Tuer le rêve, c'est mutiler notre âme", disait Fernando Pessoa. Ingrid Astier interroge, à travers notre rapport aux nuits, le mystère de la nature humaine. Cette autobiographie maquillée est un magnifique hommage aux puissances de la nuit ! » (François Busnel, L’Express, 23/10/2014)

« Pages de garde, Petite musique de nuit

« Le rêve est l’aquarium de la nuit », écrivait Victor Hugo… En démarrant son Petit éloge de la nuit par cette phrase, Ingrid Astier, auteure de deux merveilleux romans noirs (Quai des enfers et Angle mort), nous conduit dans un labyrinthe où le heavy metal d’AC/DC côtoie La Ronde de nuit de Rembrandt, le tout dans une atmosphère à la David Lynch. On y apprend que les nuits des uns peuvent y être plus belles que les jours des autres. Qu’Une nuit chez Maud relève d’une illusion. Que Les Nuits fauves s’habillent de parfums difficiles à apprivoiser. Que le niphargus est un petit crustacé cavernicole qui ne peut se passer de manger deux cents jours durant mais meurt dès qu’il est exposé à la lumière. Qu’il y a des nuits d’amour. D’autres d’engueulades. Qu’elles ne portent pas toujours conseil. Et que dans La Nuit porte-jarretelles de Virginie Thévenet, Jezabel Carpi est épatante… On y comprend surtout que, de ses errances nocturnes, Ingrid Astier a tiré des promesses, des rêves et des fantasmes aussi rouges que noirs. » (Yann Plougastel, M, Le Magazine du Monde, 13/09/2014)

« Abat-jour.

Déambulations. Marraine de la brigade fluviale de Paris, Ingrid Astier nous offre un petit abécédaire nocturne dans lequel on frissonne de bonheur. De l’abîme où se noie l’écho d’une peur intime au zoom sur les couleurs du noir, elle convoque au hasard du chemin les peintres, les philosophes, les flics du Quai, les pêcheurs de lune, les musiciens du soir et les poètes. On dérive dans des nuits qu’on voudrait sans lendemains. » (L.G., Sud-Ouest, 07/09/2014)

« L’empire de la nuit

LA NUIT PARLE À QUI SAIT LA REGARDER, L’ÉCOUTER. Dans la voûte du ciel, le langage des étoiles, est hélas, aujourd’hui, recouvert par la cacophonie des constellations urbaines. Son sens nous échappe. Au mieux, la nuit porte conseil. Au pire, elle érode, essore, émiette, fragilise, sème de noires pensées que le jour parvient heureusement à dissiper dans la clarté retrouvée. « Combien de bleus, de noirs, de jaunes, d’oranges, de rouges, de violets, de verts et de blancs pour restituer l’épopée chromatique d’une nuit ? »

C’est ce kaléidoscope insaisissable que cherche à explorer Ingrid Astier dans son Petit Éloge de la nuit, un opuscule qui nous aide à mieux connaître les replis de ce continent bien mystérieux. L’auteur le présente comme un livre-labyrinthe sur l’errance nocturne. « La nuit ouvre des espaces infinis. Sans doute parce qu’elle refuse la perspective (…). La nuit est l’infini; la disparition des bornes, l’évanouissement de l’horizon (…) le monde du possible », écrit-elle.

Le rapport intime que nous entretenons avec cette face cachée de la vie nous définit. « Dites-moi ce que sont vos nuits, je vous dirai qui vous êtes. »

Petit Éloge de la nuit, par Ingrid Astier, « Folio », Gallimard, 146 p., 2 €. » (Jean-Claude Raspiengeas, La Croix, 19/12/2014)